mercredi 21 février 2007

Rendez-vous.

Quelques affaires rapidement entassées dans la voiture, quelques toussements de moteur, la montre du tableau de bord indiquait neuf heures quand la voiture se mit à démarrer.
Une fois passé l'embouteillage de Meiser, aggravé par des voitures de secours filant à toute allure sirènes hurlantes, je mis le turbot sur l'autoroute déjà débarrassée de la neige par la circulation du matin.
Je ne pensais pas mettre la radio, je me limitais à fixer la route et à retourner sans cesse les paroles de la mystérieuse inconnue dont je n'avais même pas eu la présence d'esprit de demander le prénom.
Pas besoin de mémo à mon âge, j'avais appris le papier par coeur. L'adresse que m'indiquait le billet de « la demoiselle » se situait dans un petit village flamand, à Bierbeek.
Drôle de lieu de rendez-vous, je ne m'attendais pas à une galante rencontre.
Ce fut pire.
Dans une rue aussi calme qu'un dortoir, ce que devait être ce village aux portes de Bruxelles, je tentai de repérer l'endroit précis. Entre deux petites maisons typiques des années soixante, en pierres rouges, rehaussées d'un toit d'ardoises, le numéro qu'elle m'avait indiqué n'existait pas. Ou plutôt, l'emplacement pour ce numéro était encore un terrain vague. Enneigé, avec vue sur les jardins contigus, mais terrain vague quand même.
Pas de mot, pas de pancarte, personne qui ne m'attende, j'avais l'impression (une impression?) de m'être fait piéger.
Les coups de sonnette chez les voisins ne m'aidaient pas, aucun d'entre eux n'était présent.
Trop tôt? Trop tard? Après une heure d'attente, la messe était dite. Je voulais rentrer, j'étais frigorifié.

Je n'allumai toujours pas la radio, mais les interrogations étaient encore plus nombreuses au retour. Par contre, au lieu de fixer la route, c'était la jeune prétentieuse au regard océan qui me fixait précisément.
Jusqu'à ce que son image se troublât et laissât place à une autre vision. Celle du fossé vers lequel je me dirigeais impitoyablement.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

le turbo? t'as changé de voiture? Ouvre les yeux ne te laisse pas distraire...

levince a dit…

Des sirènes, un turbot... cette histoire m'a l'air bien aquatique ;-)
Elle commence en tout cas sous les meilleures hospices...

Levince

Anonyme a dit…

Toi,dépasser les limites de vitesse ? Pas possible ! Faut-il qu'elle t'ait subjugué pour que tu mettes le turbo. Au fait, je ne savais pas que le turbo existait sur ta teuf à Gaston.

Joe a dit…

Attention, hein, ce n'est pas mon histoire, même si c'est écrit à la première personne. Je ne m'appelle pas Lionel! C'est un roman, un vrai. Fiction et tout!

Anonyme a dit…

Ha ! la chute de fin de page, celle-ci est bien troussée. On sent la culture BD où chaque page est une aventure. très visuel... ton histoire est en couleurs. Je commence le dico belgo-français, intéressant.